Scierie Bourdaud : relancer la demande de feuillu, un enjeu de filière
La reprise de la scierie Bourdaud, implantée à Nozay depuis 1936, a été validée le 4 février par le tribunal de commerce de Nantes. Elle est désormais intégrée au groupe Béma (Bois énergie Maine-Atlantique), acteur régional majeur du bois énergie. Cette opération permet de maintenir 27 emplois sur les 41 que comptait l’entreprise.
Créé en 2007 par des scieurs et exploitants forestiers des Pays de la Loire, le groupe Béma alimente en combustible bois de nombreuses chaufferies collectives et industrielles dans le quart nord-ouest de la France. Sa priorité affichée est claire : préserver l’activité de transformation du site de Nozay et lui redonner des perspectives.
Cette reprise s’inscrit toutefois dans un contexte économique difficile. L’ancienne direction souligne notamment la baisse marquée des marchés du parquet et de la menuiserie industrielle, pourtant débouchés naturels du chêne. À cela s’ajoutent une forte hausse des coûts de l’énergie – quasiment multipliés par deux en un an – et une progression significative des charges salariales. Dans le même temps, les prix de vente n’ont pas suivi cette inflation, fragilisant durablement l’équilibre économique de l’entreprise.
Au-delà de cette situation conjoncturelle, ce cas illustre une tendance plus structurelle : le marché des produits feuillus transformés (parquets, menuiseries, aménagements intérieurs…) peine à se développer. Les consommateurs comme les prescripteurs s’orientent encore majoritairement vers d’autres matériaux ou vers des produits standardisés, souvent importés.
Cette réalité est d’autant plus préoccupante que les feuillus représentent une part importante de la ressource forestière française. Le décalage entre disponibilité de la ressource et dynamisme des marchés crée une tension durable dans la filière. Faute de débouchés suffisants en bois d’œuvre, la qualité du bois de certaines forêts de feuillus se dégradent, accéléré par le changement climatique, les problèmes sanitaires et attaques de ravageurs, et parfois un manque d’entretien et d’amélioration.
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