Vendre, former, féminiser : les signaux à ne pas ignorer pour le négoce bois
Souvent regroupées sous l’appellation générique de « négoce de matériaux », les entreprises de négoce constituent un échelon stratégique de la filière forêt-bois. En lien direct avec les scieries, les industriels du bois et les entreprises du bâtiment, elles assurent la mise en marché des produits, le conseil technique auprès des clients et la logistique des chantiers.
Si le dernier rapport de branche de l’Observatoire du négoce des matériaux de construction couvre l’ensemble des matériaux, les entreprises de négoce bois y sont pleinement concernées. Elles partagent en effet les mêmes enjeux structurels : attractivité des métiers, féminisation, renouvellement des compétences, montée en qualification… dans un contexte économique incertain.
Un tissu d’entreprises très éclaté, mais un emploi concentré
La branche du négoce de matériaux de construction compte 4 324 entreprises en France pour 84 200 salariés fin 2024. Elle se caractérise par un tissu très atomisé : près de 8 entreprises sur 10 emploient moins de 11 salariés.
À l’inverse, l’emploi est fortement concentré dans les grandes structures : les entreprises de 300 salariés ou plus, qui ne représentent qu’1 % des entreprises, emploient près de la moitié des salariés (46,5 %).
En Pays de la Loire, on recense 193 entreprises de négoce et 4 767 salariés, soit un peu plus de 6 % de l’effectif national. Un poids non négligeable pour la région, même si elle reste derrière les grands bassins d’emploi que sont l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Île-de-France ou l’Occitanie.
Une main-d’œuvre vieillissante, encore très masculine
L’âge moyen des salariés du négoce atteint 42,5 ans, en légère hausse. La pyramide des âges met en évidence une forte proportion de 35–54 ans, mais aussi une part croissante de salariés de 55 ans et plus, notamment dans les petites entreprises. Dans les structures de moins de 11 salariés, plus d’un salarié sur cinq a 55 ans ou plus, posant clairement la question du renouvellement des compétences.
La branche reste par ailleurs majoritairement masculine : les femmes représentent 26,5 % des effectifs, une proportion en léger recul. Elles sont toutefois davantage présentes dans les petites entreprises et dans les fonctions administratives et commerciales, soulignant un enjeu persistant de féminisation des métiers opérationnels.
Des emplois globalement stables, mais un recours massif à l’intérim
Le négoce de matériaux reste un secteur offrant des emplois majoritairement stables : plus de 94 % des salariés sont en CDI et 96 % travaillent à temps plein.
Dans un contexte de visibilité économique réduite, les entreprises ont toutefois accru leur recours à l’intérim. En 2024, 2,38 millions d’heures d’intérim ont été réalisées, contre 1,3 million en 2023, soit une hausse de plus de 80 % en un an. Cela représente environ 1 480 équivalents temps plein, presque le double de l’année précédente.
Ce recours accru traduit à la fois une volonté de flexibilité et des besoins ponctuels sur des métiers très opérationnels, notamment en logistique et en magasinage, essentiels pour le négoce de produits bois.
Des besoins de recrutement toujours présents, mais un net attentisme
En 2024, 18,5 % des entreprises du négoce déclarent prévoir des embauches dans les mois à venir, un niveau proche de celui observé en 2023.
Mais cette stabilité masque de fortes disparités selon la taille des entreprises. Seules 37 % des entreprises de 300 salariés ou plus envisagent de recruter, contre 67 % un an plus tôt, traduisant un frein marqué à l’embauche dans les grandes structures. À l’inverse, les plus petites structures sont un peu plus nombreuses qu’en 2023 à se projeter dans des recrutements, souvent ciblés et très opérationnels.
Sans surprise, les besoins de recrutement se concentrent sur les métiers les plus représentés dans la branche : magasiniers, vendeurs conseil et attachés technico-commerciaux. Des fonctions au cœur de l’activité de négoce de produits bois, combinant compétences techniques, relation client et logistique.
Apprentissage : un levier structurant, mais sans nouvelle dynamique
L’apprentissage demeure un outil central pour former et recruter dans le négoce, mais sa dynamique se stabilise. En 2024, 2 737 contrats d’apprentissage ont été signés au niveau national, un volume comparable à celui de 2023. En Pays de la Loire, 181 contrats ont été recensés.
Les formations concernent majoritairement des métiers commerciaux et managériaux, à des niveaux Bac+2 à Bac+5, illustrant la montée en qualification attendue sur les fonctions de vente et de pilotage d’activité.
Formation continue : des priorités claires, mais un recul préoccupant
La formation continue recule nettement en 2024, en particulier dans les petites entreprises. Les actions menées dans le cadre du plan de développement des compétences diminuent fortement.
Lorsqu’elles sont mobilisées, elles portent principalement sur la santé-sécurité et les obligations réglementaires, le numérique, et, dans les entreprises de plus grande taille, sur les enjeux énergie-environnement. Ces thématiques font écho aux transformations en cours dans la filière forêt-bois, entre modernisation des outils, exigences réglementaires et montée en puissance des solutions bas carbone.
Partager cet article
Découvrez nos autres actualités